Quand un prestataire annonce un taux de service, la première question à poser n’est pas « combien » mais « sur quel dénominateur ». Sur du volumineux, l’écart entre deux définitions dépasse souvent dix points.
Trois définitions, trois résultats
- Livraisons effectuées dans le créneau annoncé, sur le total des livraisons planifiées.
- Livraisons réussies à la première visite, sur le total des commandes.
- Livraisons conformes — bon produit, bon état, prestation complète — sur le total.
La première mesure la ponctualité, la deuxième l’efficacité opérationnelle, la troisième la qualité perçue. Elles ne se remplacent pas.
Ce qui sort du calcul, et pourquoi
Les exclusions sont le vrai sujet de négociation. Absence du client, refus au moment de la livraison, produit endommagé en amont, adresse erronée : chacune peut être imputée au transporteur ou au donneur d’ordre. L’important n’est pas de trancher en sa faveur, c’est que la règle soit stable dans le temps, sinon la courbe ne veut plus rien dire.
La règle à poser dès le départ
Une exclusion doit être documentée par une preuve — photo, horodatage, échange tracé. Sans preuve, la livraison compte dans le dénominateur.
La maille de lecture
Un taux national mensuel masque tout. Les écarts utiles se lisent par région, par typologie de produit et par jour de la semaine — c’est là qu’apparaissent les zones sous-dimensionnées et les pics mal absorbés.
Dernier point, souvent oublié : fixer qui produit le chiffre. Un indicateur calculé par le prestataire et jamais rapproché du système du client finit toujours par diverger.


